Forts de trois victoires de particuliers, l'April, l'Aful, l'UFC-Que
Choisir et la CLCV encouragent les acheteurs de PC à réclamer aux
fabricants le remboursement de Windows. Ils promeuvent un guide donnant
la marche à suivre, basée sur le droit des contrats.
La
justice française multiplie les décisions en faveur de particuliers qui
attaquent le fabricant de leur PC pour se faire rembourser l'OS
préinstallé, à savoir Windows. Fortes de ces jugements, l'Aful et April
qui promeuvent les logiciels libres, ainsi que les associations de
défense des consommateurs UFC-Que Choisir et CLCV, ont publié un
communiqué commun pour encourager un plus grand nombre de particuliers
à attaquer aussi leur fabricant.
Afin d'appuyer cette action, un Guide du remboursement
est mis à disposition, sur le site de l'Aful, pour expliquer comment
saisir le juge de proximité. Il décrit les bases juridiques à
exploiter, à savoir le droit des contrats. En effet, dans tous les
procès remportés, les particuliers se basent sur le CLUF (contrat de
licence d'utilisateur final) associé à Windows, dont les termes sont
clairs : « En utilisant le logiciel, vous acceptez ces termes. Si vous
ne les acceptez pas, n'utilisez pas le logiciel. Contactez le fabricant
ou l'installateur afin de connaître les modalités de retour des
marchandises pour vous faire rembourser ».
Trois procès gagnés depuis 2006
La
démarche à suivre consiste à refuser ce CLUF, en général d'un clic lors
du premier démarrage de l'ordinateur. Il faut ensuite envoyer une
demande de remboursement au fabricant. Dans la majorité des cas, ce
dernier va tenter de décourager le client en avançant des arguments du
type « Votre ordinateur ne pourra pleinement fonctionner qu'avec le
système d'exploitation fourni », ou « Si vous utilisez un autre
logiciel que celui fourni, vous perdez votre garantie matérielle ».
C'est
le moment d'agir, selon les auteurs du guide. D'abord, avec une
procédure de conciliation avec le fabricant. Si elle n'aboutit pas, ce
qui est très probable, il faudra saisir un juge de proximité. La
procédure est gratuite, mais le perdant doit normalement assumer les
frais avancés par l'autre partie.
« Au début nous tâtions le
terrain, mais la procédure est désormais rodée », confie à ZDNet.fr
Alain Coulais, un des responsables du collectif GdT Détaxe, soutenu par
l'Aful et l'April. Il anime la liste de diffusion Détaxe créée en 1999
et consacrée à cette problématique, qui rassemble plus de 300
contributeurs. Le guide de remboursement a été ecrit par la petite
équipe de la pétition "Non aux racketiciels", signée par plus de 27 000
personnes. « Ce ne sont pas des actions contre Microsoft : nous
réclamons le libre choix pour le consommateur ».
Vista remboursé à hauteur de 100 euros
Les
trois procès gagnés sont assez similaires. Le premier a été remporté le
6 juillet 2006 au détriment de la société Asus France, qui a dû
rembourser 100 euros à un consommateur, soit le prix de Windows XP
équipant son PC portable, suite à une décision de la juridiction de
proximité de Rennes (35).
Le deuxième a été prononcé par un
tribunal de proximité de Puteaux (92) le 23 juillet 2007 contre Acer
France, qui a dû verser plus de 300 euros à un client ne souhaitant pas
utiliser les logiciels fournis avec sa machine, dont Windows XP.
Dans
la troisième affaire (13 février 2008), le juge de proximité de
Libourne (33) a condamné Asus France à verser 100 euros au plaignant
pour le remboursement de Vista, plus 100 euros pour les frais de
procédure.
Un quatrième procès similaire est en attente de
jugement à Caen (14). Des procédures plus lourdes ont aussi été
engagées par l'association UFC-Que Choisir, qui poursuit pour vente
liée Hewlett-Packard, Auchan et Darty. La procédure en est toujours aux
échanges d'informations entre avocats. Une audience pourrait intervenir
avant l'été.
Que fait l'État ?
En parallèle, les
quatre associations demandent au gouvernement d'intervenir. « Que cette
situation perdure, malgré nos demandes répétées, tient d'abord à
l'apparente volonté de l'État de nier le problème et de ne pas faire
respecter la législation prohibant la vente liée », indiquent-elles
dans un communiqué commun. « Au nom d'un prétendu intérêt du plus grand
nombre, les pouvoirs publics maintiennent un monopole et privent tout
un chacun d'acheter librement un ordinateur avec ou sans logiciels ».
Des
déclarations faites notamment à l'attention du secrétaire d'État à la
Consommation, Luc Chatel, qui « estime désormais que ce n'est pas un
problème, alors qu'il avait manifesté un avis contraire lorsqu'il était
député », souligne-t-on à l'April. « Les consommateurs sont obligés
d'aller devant la justice pour simplement faire respecter leur droit,
parce que le gouvernement ne veut rien faire », conclut l'association. |